Accueil Revue de presse Se baigner dans la Seine, un chantier olympique

Se baigner dans la Seine, un chantier olympique

La situation du fleuve s’est nettement améliorée depuis les années 1970, mais pour prétendre à l’ouverture de bassins praticables pendant les JO, il faudra encore surmonter de nombreux obstacles

Paris décrochera-t-elle les Jeux olympiques de 2024 ? Anne Hidalgo (PS) l’espère. Une délégation du Comité international, qui veille à l’attribution des JO, visite jusqu’à mardi 16 mai la capitale afin d’évaluer la candidature française. La maire s’y est engagée : si elle est retenue, la ville sera fin prête pour recevoir les JO, en mesure notamment d’organiser le triathlon et les autres épreuves de nage libre dans la Seine, en toute sécurité.

Bonne nouvelle pour le public, la baignade dans le fleuve devrait lui être ouverte aussi, de façon pérenne. La même ambition est fixée pour la Marne dès 2022. En attendant, plonger dans le bassin de La Villette – qui n’est pas alimenté par la Seine – devrait être autorisé dès la mi-juillet.

Le changement d’ère serait considérable pour Paris, où piquer une tête dans le fleuve est officiellement interdit depuis 1923. Urbanistes et architectes ont été invités à proposer des projets d’aménagement. En avril, une bonne partie de la centaine de candidats au concours « Réinventer la Seine », organisé par le Pavillon de l’Arsenal, a rivalisé d’idées aquatiques et ludiques – base nautique flottante, trampoline géant… –, tandis que l’Atelier parisien d’urbanisme étudie les sites les plus appropriés pour accueillir des nageurs à l’abri de toute collision avec un bateau.

Reste le paramètre déterminant de la qualité de l’eau : or, à cette heure, celle-ci n’est pas au rendez-vous. « Je suis de plus en plus optimiste pour 2024, assure néanmoins Célia Blauel, adjointe à la maire de Paris chargée de l’environnement et de la politique de l’eau en particulier. Nous accélérons le processus afin d’améliorer les teneurs des rejets dans les réseaux d’assainissement. Le comité Seine, qui réunit l’Etat, l’Agence de l’eau, les élus de Paris et des territoires en amont, y travaille, sous l’égide du préfet d’Ile-de-France. »

Lire la suite sur lemonde.fr


Se baigner dans la Seine aux JO de 2024, un doux rêve ?

Pour sa candidature aux Jeux Olympiques de 2024, la mairie de Paris veut assainir la Seine pour la rendre accessible à la baignade. Si les organismes sont optimistes, il reste du travail à faire. 

Ah, Paris ! Sa tour Eiffel, ses croissants et… ses plages. En 1988, l'ancien Maire de la capitale Jacques Chirac promettait de rendre la Seine propice à la baignade. En 1990, il réitérait sa prédiction, précisant même qu'il s'y baignerait lui-même, "devant témoins". Il est ensuite devenu Président de la république et si lui n'a jamais trempé un orteil dans la Seine, sa promesse est elle tombée à l'eau... Mais voilà qu'elle ressurgit, par la grâce des Jeux Olympiques. Ainsi, à l'horizon 2024, faire trempette dans la Seine ne serait plus un doux rêve. C'est en tout cas l'ambition affichée de l'actuelle mairie de Paris, qui veut rendre la Seine baignable pour les JO. Les épreuves de nage libre et le triathlon devraient s'y dérouler. Et une fois ce travail de titan réussi, la baignade serait aussi accessible au grand public. 

76h pour convaincre

Paris a passé son grand oral le week-end des 13 et 14 mai 2017. Le comité international olympique (CIO) a sillonné la capitale pendant 3 jours, soigneusement guidé par Anne Hidalgo et une sélection d'invités triés sur le volet, dont le président de la République Emmanuel Macron. Apparemment, tout le monde en est sorti ravi : "Une présentation de projet exceptionnelle et bien détaillée" a ainsi apprécié Patrick Baumann, président de la commission d'évaluation du CIO, "avec des opportunités très tangibles aussi bien du côté sportif, social et économique".

Reste quand même un petit mystère. Quid de l'une des difficultés principales, pas tout à fait élucidée... l'assainissement de la Seine ? La propreté du fleuve est encore trop irrégulière pour permettre une baignade sans risque pour la santé. Ce qui ne dissuade pas les amateurs de bains urbains, qui pratiquent cette discipline, parfois illégalement. En effet, depuis 1923, un arrêté interdit la baignade dans la Seine.

Très pollué dans les années 60-70, le fleuve est aujourd'hui beaucoup plus propre. D'ailleurs, le bassin de la Villette est régulièrement utilisé pour des courses, dont l'Open Swim Stars, qui tiendra place le 17 et 18 juin. La qualité de l'eau y est cependant étroitement surveillée par la mairie. Et c'est uniquement lorsque l'Agence Régionale de Santé a donné son feu vert que la baignade est autorisée. En cause notamment : la présence de bactéries entérocoques et Escherichia coli qui révèlent une contamination fécale et sont utilisées comme marqueurs de la pollution. A cause d'elles, boire un peu trop la tasse peut entrainer des diarrhées...

4 sources de pollution affectent la Seine

Selon le service s'occupant de l'eau du conseil départemental de Seine-et-Marne, il existe quatre sources de pollution : la pollution domestique, qui provient de rejets d’eaux usées urbaines (eaux usées des particuliers mais aussi les eaux de pluie et eaux collectives de lavage des rues, des marchés, des commerces, etc); la pollution industrielle (déchets organiques, chimiques et physiques), agricole (déjections des élevages s'infiltrant dans les eaux, engrais chimiques, insecticides et produits utilisés par l'agriculture intensive) et enfin les pollutions accidentelles, d'origines très diverses.

"La Seine doit faire face à 4 grandes problématiques", explique à Sciences et Avenir Célia Blauel, Maire Adjointe de Paris, chargée du développement durable, du climat, de l’eau et des canaux. D'abord, les péniches et établissements flottants, qui reversent directement les eaux usées dans le fleuve. Ensuite, la pluie. Les eaux de pluie sont ravageuses : en ruisselant le long des routes, trottoirs, parkings, elles se chargent en substances polluantes puis s'écoulent dans la Seine. Pour remédier à cela, il existe déjà des "déverseurs d'orage". Dans les quelques 2000 km des égouts de Paris, ces bassins de rétention d'eau permettent de ne pas saturer le réseau en cas de forte pluie. Mais il leur arrive de déborder. En 3e place : l'eau qui sort des stations d'épuration n'est pas traitée pour les bactéries entérocoques et Escherichia coli. "Cela n'entre pas dans la législation", indique Célia Blauel. Et enfin, un problème très complexe : en amont de Paris, les habitations sont équipées d'un réseau "séparatiste", comme le précise d'édile. Il s'agit concrètement d'un double réseau où les eaux usées de la maison s'évacuent vers les stations d'épuration et les eaux de pluie vers les sols. Cependant, à plusieurs endroits les branchements ont été mal faits, et les eaux de pluie sont dirigées dans les stations d'épuration et inversement.

Lire la suite sur Sciencesetavenir.fr