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Revue de presse : Concertation réussie pour le futur Plan climat

Plan climat : les Parisiens avancent leurs idées

Les habitants de la capitale ont proposé plus de 280 réponses pour diminuer leur empreinte carbone et celle de leur ville. Certaines de leurs idées seront intégrées au futur plan climat.

LE MONDE | 06.04.2017 à 17h59 • Mis à jour le 06.04.2017 à 18h05 | Par Fanny Guiné

Portée par la dynamique de la COP21 fin 2015, Paris veut accélérer sa transition écologique. Son plan climat actuel, qui fêtera ses dix ans cette année, va être profondément remanié. Déjà très ambitieux pour l’horizon 2020, avec la réduction d’un quart des émissions de gaz à effet de serre et des consommations énergétiques par rapport à 2004, ce plan climat, rebaptisé « plan climat air énergie », fixera un cap encore plus audacieux : Paris désire devenir une ville neutre en carbone et qui utilise 100 % d’énergies renouvelables en 2050.

Lire :   Climat : Paris vise la neutralité carbone en 2050

La mairie s’est fixée pour autre ambition d’associer les Parisiens à cette réflexion de grande envergure. C’était l’objet de la séance de restitution des propositions de plus de 700 organismes, entreprises, associations et simples citoyens qui s’est tenue mercredi 5 avril à la mairie du 3e arrondissement. Ces idées viendront enrichir le futur plan climat air énergie qui devrait être présenté par l’adjointe à l’environnement, Célia Blauel, devant le Conseil de Paris en fin d’année. « Quand on a commencé les concertations et nos conférences citoyennes en novembre, je disais aux Parisiens : “Lâchez-vous !”, rigole Célia Blauel. L’idée, c’était de rêver Paris sans limite à l’imagination. »

« Végétaliser l’urbain » ou « planter des arbres à vent »

Pendant cinq mois, les Parisiens ont pu proposer leurs idées sur la plateforme “Madame La maire, j’ai une idée” mise en place par la Ville. « On a reçu 280 réponses, c’est déjà très bien pour un site assez récent, explique l’adjointe d’Anne Hidalgo. Les gens souhaitent changer de cadre de vie. Certains sont même très radicaux. » La priorité des citoyens, c’est d’abord de fluidifier et réduire le trafic routier, en créant par exemple des « bateaux fluviaux avec une cadence fréquente, des horaires élargis et accessibles avec le pass Navigo ». Plus de place pour les piétons, les vélos, « végétaliser l’urbain » font également partie des axes abordés. Les habitants désirent aussi respirer et consommer plus sainement, par exemple en instaurant des plats végétariens « un jour par semaine dans les cantines ».

Certaines de ces 280 contributions se démarquent par leur originalité : supprimer les feux rouges pour diminuer les émissions de CO2, planter des arbres à vent pour créer de mini-éoliennes, doter chaque immeuble d’un bac à compost ou encore récupérer les urines humaines pour utiliser leur fort taux en phosphate… Simon, un informaticien qui ne se définit pas comme écolo, a participé au projet. « J’ai proposé de paver les axes routiers, pistes cyclables et trottoirs de panneaux solaires. Mais je reconnais que c’est assez utopique », estime le trentenaire. Davantage impliqué, Arnaud pense que les changements doivent « être profonds » pour enclencher durablement la transition énergétique. « Avant, on parlait d’éteindre la lampe ou d’arrêter le robinet quand on se lave les dents. Maintenant, il faut aller plus loin », indique-t-il en évoquant l’enjeu de l’isolation thermique des bâtiments.

L’ensemble de ces propositions va être analysé et retravaillé par des scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat et des spécialistes des énergies renouvelables dès le mois de mai. Célia Blauel revendique ce « temps d’avance que les villes possèdent sur les Etats » dans la lutte contre le réchauffement climatique.

« On ne voulait pas créer un nouveau plan entre les quatre murs de l’hôtel de ville. Pour que les propositions se transforment en actes, il ne faut pas être dans l’injonction. Si les idées viennent des professionnels et des citoyens, l’écho sera beaucoup plus fort et favorable. »

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Fin de concertation pour le nouveau plan climat de Paris

Journal du grand Paris - 5 avril 2017

La mairie de Paris organisait, le 5 avril 2017, une soirée concluant la concertation lancée cinq mois plus tôt pour « co-construire » le nouveau plan climat de la Capitale. Objectif : faire de Paris une ville neutre en carbone en 2050.

En cette soirée du 5 avril, il a fallu ajouter des chaises dans la grande salle de la mairie du 3e arrondissement de Paris pour faire face à l’affluence. La manifestation marquait la fin de cinq mois de concertation sur le futur plan climat air énergie qui doit être présenté en fin d’année au Conseil de Paris.

Après le premier plan climat de 2007, révisé en 2012, « l’idée était vraiment de tout remettre à plat et d’écrire une nouvelle page de la politique climat », a indiqué Célia Blauel, adjointe à la maire de Paris en charge de l’environnement. L’objectif : faire de Paris une ville neutre en carbone et mobilisant 100 % d’énergies renouvelables d’ici à 2050. Avec un mot d’ordre pour la concertation : « Lâchez-vous ! Ne limitez pas votre imagination ! » Plus de 700 personnes, entreprises, institutionnels, associations, think tank et agents de la ville ont participé à des ateliers et réunions publiques, tandis que la plateforme « Madame la maire, j’ai une idée » recevait 280 contributions.

« Une coalition d’acteurs »

La soirée de restitution visait à démontrer la diversité des acteurs impliqués. Une mobilisation nécessaire quand 80 % des gaz à effet de serre émis à Paris ne dépendent pas de politiques décidées en mairie, mais des actions quotidiennes des habitants, entreprises, constructeurs… Et l’on a ainsi vu, sur l’estrade, Julia Berdugo, créatrice de l’entreprise Gryö – barres à la farine d’insectes (bien moins polluantes que l’élevage classique) -, succéder à Benjamin Ficquet, directeur des transitions environnementales chez Icade (« nos investisseurs nous interrogent sur notre trajectoire carbone et nous encouragent, ce qui est un puissant moteur »), ou encore à Ségolène Godeluck, déléguée aux relations territoriales pour Paris du groupe La Poste, où les gaz à effets de serre émis par l’activité industrielle ont été réduits de 15 % entre 2013 et 2016.

Leadership de Paris

Silvia Marcon, head of the chair’s office du C40, a souligné « le rôle de leadership de Paris » au sein de ce réseau de 90 grandes villes, désormais présidé par Anne Hidalgo. La capitale française sera la première à adopter un plan climat qui traduira en politiques locales les objectifs de l’accord de Paris, signé lors de la COP21 en 2015. Frédéric Bouvier, directeur général Airparif, a aussi rappelé que l’une des grandes nouveautés de ce plan était l’intégration de la dimension « qualité de l’air » dans ce qui n’était jusque-là qu’un plan climat énergie, précisant qu’envisager les deux questions simultanément permet d’éviter bien des erreurs.

Anne Bringault, coordinatrice transition énergétique du Réseau action climat et du Réseau pour la transition énergétique (CLER), a, de son côté, évoqué les questions de périmètre. Choisir de recourir à 100 % d’ENR nécessite en effet de s’approvisionner dans les territoires ruraux alentours, à l’image de Francfort qui a estimé pouvoir, d’ici à 2050, diviser par deux sa consommation d’énergie, produire 50 % d’ENR dans la ville et 50 % dans les territoires environnants.

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"Dans l'énergie, les villes ont la volonté de reprendre la main" Célia Blauel, Ville de Paris

Par Propos recueillis par Dominique Pialot  |  06/04/2017, 7:15  |  1306  mots
Dix ans après son premier plan climat, la Ville de Paris votera cet automne sa nouvelle feuille de route portant sur la période 2020/2030, avec en ligne de mire une ville neutre en carbone 2050. Afin que les habitants et acteurs du territoire s’en approprient les ambitions, ses équipes ont recueilli les suggestions de ses habitants, mais aussi d’associations, d’ONG et d’entreprises, en matière de transports, d’énergie, de logement ou de déchets. Une synthèse de ces mois de travaux est présentée le 5 avril. L’occasion de faire le point avec Célia Blauel, maire adjointe chargée de l’environnement et du plan climat énergie territorial.

LA TRIBUNE - Le plan climat énergie de 2012 est en vigueur jusqu'en 2020, mais vous êtes déjà en train de préparer le suivant. Pourquoi ?

CELIA BLAUEL - Plutôt que d'une révision du plan climat, je préfère parler de l'écriture d'une nouvelle page des politiques climat, qui doit permettre à Paris de répondre à ces enjeux dans une ère post-COP21. C'est notre contribution locale à la mise en œuvre de l'Accord de Paris. En termes de calendrier, nous souhaitons donner une accélération au plan climat en cours sur la période 2018-2020, en accord avec les recommandations du GIEC. Quant au prochain, il sera gravé dans le marbre pour la période 2020-2030, avec en ligne de mire la perspective de la neutralité carbone en 2050.

Vous avez entamé une concertation auprès des Parisiens et des acteurs du territoire: dans quelle logique cette initiative s'inscrit-elle ?

Notre action repose sur trois piliers : les politiques publiques, la mobilisation des territoires et la coopération entre villes. Le bilan carbone que nous avons fait faire révèle que la mairie est directement responsable de 1% des émissions de la ville et que nous pouvons agir sur 20%. Pour les 80% restants, il nous faut embarquer et impliquer nos concitoyens. C'est l'objet de notre démarche depuis 2014.

Pour ce plan climat, notre objectif est de renverser les logiques de construction. Il ne s'agit pas de se fixer des objectifs à trop long terme mais d'améliorer le quotidien des Parisiens tout en diminuant collectivement nos émissions de CO2.

Quelle forme a pris cette consultation ?

Nous avons entamé un processus participatif ouvert jusqu'en septembre. Depuis cinq mois, plus de 700 personnes (représentant de grandes entreprises, des ONG, l'Agence parisienne pour le climat, le Conseil parisien de la jeunesse, des associations, des think tanks et des agents de la Ville, etc.) ont participé à des ateliers, des conférences ou des réunions publiques.

Par ailleurs, une « conférence citoyenne » a été menée pendant deux weekends auprès d'un panel composé de 21 Parisiens et métropolitains, non militants. Nous avons constaté à cette occasion que le climat était loin d'être une préoccupation partagée par tous. Mais, sur la plateforme « Madame la Maire, j'ai une idée », le sujet a attiré 280 contributions, plus que la fermeture des voies sur berges.

Vous avez rendu publique il y a quelques semaines « Paris change d'ère », une étude qui projette Paris dans un avenir neutre en carbone à l'horizon 2050. Quels enseignements peuvent être utiles au nouveau plan climat ?

Cette étude commandée à Elioth (un groupement de cabinets composé des cabinets spécialisés Egis Conseil, Quattrolibri et Mana), est un pan de notre dispositif global. Elle positionne la ville sur une trajectoire compatible avec l'Accord de Paris, c'est-à-dire neutre en carbone et exclusivement alimentée aux énergies renouvelables à l'horizon 2050.

Cette étude, qui reçoit un accueil très positif dans un contexte global pourtant difficile, apporte également un enseignement essentiel : la nécessité de ré-injecter une dose d'humain dans ces politiques climatiques. Nous n'avons pas à rougir de notre action sur le climat en matière de politique publique, mais il faut remettre les gens au coeur de cette démarche.

Dans quels domaines liés au climat avez-vous obtenu à ce jour les meilleurs résultats ?

Le plan climat qui court jusqu'en 2020 vise un objectif global de baisse de 25% des émissions. Dans certains secteurs, la pente est meilleure que dans d'autres. Alors que de nombreuses villes se cantonnent à un domaine précis (transports, énergie, bâtiments, alimentation, déchets...) nous avons effectué un bilan carbone le plus large possible.

Cela nous permet de confirmer que les options politiques que nous avions prises vont dans le bon sens. Là où nous avons mis le plus de moyens, nous avons obtenu des résultats significatifs. Par exemple dans les transports, les émissions ont diminué de 39% entre 2004 et 2014. Dans le bâtiment, nous avons mené en moyenne 4500 rénovations par an dans le logement social depuis 2008, quand l'étude Elioth en évoque 5500. Le programme « Eco-rénovons Paris », le premier mené à cette échelle, a favorisé la rénovation dans le privé, notamment en simplifiant les démarches pour les co-propriétés. Pour aller plus loin, il faudra miser aussi sur un changement de comportement, l'implication des individus, du territoire, et du national.

Quelles actions la ville peut-elle mener à son échelle ?

En termes de financement, nous pouvons réactiver les aides existantes et nous souhaitons également lever des capitaux. Grâce à la loi sur le statut de Paris, nous envisageons de lancer un fonds d'investissement pour la transition d'ici à la fin de l'année 2017. Nous menons aussi des réflexions autour du financement participatif pour financer des énergies renouvelables.

Sur ces sujets, nous partons toujours d'une page blanche. Les financements européens ne parviennent toujours pas aux villes, les relations avec le système bancaire sont complexes...En outre, il faudrait changer les ratios en extrayant du montant des investissements globaux de la ville tout ce qui concerne la transition énergétique afin de ne pas pénaliser les villes les plus ambitieuses sur ce sujet.

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